L’Etat et ses citoyens

nouvelles responsabilités et redistribution des rôles

Mars 2005

Que l’on situe sa naissance dans la Cité grecque ou en Mésopotamie plus de 2000 ans avant J.C. tout le monde s’accorde à dire que c’est plutôt au XVIème siècle avec la constitution de pouvoirs souverains localisés dans des frontières plus nettes avec une organisation de plus en plus complexe des sociétés une diversification des fonctions dépendant du pouvoir central que l’on assiste à l’émergence de l’Etat au sens moderne du terme.

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Comment fonctionnent ces acteurs collectifs que sont les Etats ? Dans quels types de rationalités leur action peut-elle s’inscrire ? A quelles logiques interne et externe obéissent les systèmes étatiques ? Quelle est la part des mécanismes globaux macroscopiques régissant les grands ensembles et celle des individus aux prises avec des choix à faire et des décisions à prendre ? … Autant d’interrogations possibles autant d’éléments à retenir dans l’analyse.

Si le règne de « l’état de nature » entre les Etats a frappé les philosophes classiques (le Léviathan) il semble que la pensée philosophique moderne et les sciences sociales aient été amenées à aborder la question d’une façon nouvelle en introduisant sans cesse d’autres variables : le degré d’influence sur les relations entre les hommes sur l’épanouissement de l’individu et la liberté du citoyen.

On peut également se demander si les différentes doctrines sur l’Etat qui ont vu le jour au XIXème siècle (dirigisme étatisme individualisme libéralisme socialisme …) tiennent encore la route et s’il est possible de déceler un sens ou un cheminement dans l’évolution qu’ont connu les Etats au cours des époques historiques dans les différentes aires géographiques.

Si l’on s’interroge aujourd’hui sur la possibilité de renouveler la façon de penser les entités politiques il demeure que depuis le XIXème siècle l’Etat et la nation constituent un couple universellement reconnu comme « l’unité de mesure » de la souveraineté nationale et internationale ce qui a constitué avec la création de la SDN puis de l’ONU un saut qualitatif dans l’organisation politique du monde. Dans ce contexte les pays émergeants ont trouvé dans l’Etat-nation l’idée-force qui les a portés ainsi que le cadre politique juridique économique et culturel dans lequel ils ont pu se réaliser et se constituer comme partenaires à part entière.

Par ailleurs notre XXIème siècle naissant accorde une place de plus en plus importante à la notion de citoyenneté qui définit sur des bases renouvelées les rapports de la personne aux institutions nationales régionales ou internationales dans lesquelles elle est engagée. Il en résulte une redéfinition des responsabilités une redistribution des rôles ainsi que le remodelage des institutions elles-mêmes. D’autant plus que la mondialisation avec toutes ses ambiguïtés celles de l’économie comme celles de la communication induisent une nouvelle donnée  qui rend nécessaire une redéfinition des statuts et des modes de fonctionnement de l’Etat dans ses rapports avec les hommes.

Pour éclairer ces questions sur lesquelles une réflexion nous semble impérieuse l’Académie tunisienne des sciences des lettres et des arts « Beït al Hikma » se propose d’organiser sa 9ème Rencontre internationale de Carthage au printemps 2005 en invitant une vingtaine de grands intellectuels de différents pays qui ont travaillé sur ces thèmes et dont l’apport a été considéré comme essentiel.

Thèmes à traiter :

  • ·        L’Etat dans la pensée philosophique : quelles légitimités ?
  • ·        Les théories de l’Etat.
  • ·        L’Etat dans l’Histoire.
  • ·        L’Etat et la participation des citoyens : tâches et fonctions ; société civile …
  • ·        L’Etat et les organisations internationales.

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